mardi 5 avril 2016

Caroline Huyghues - "Cupidon, tête de con"



Caroline Huyghues décrit sa quête de l'amouuuuuuuuuur depuis ses vingt ans, jusqu'à aujourd'hui, aux portes de la cinquantaine. Il s'agit donc d'une autobiographie. 

Alors que Caroline se dépoilait, je me suis bien poilée!!! En long, en large et en travers! Pas un paragraphe où je n'ai pas souri! 
On découvre notamment le fonctionnement des sites de rencontres, le système des rendez-vous, les échanges de SMS (ou autres), le comportement complètement dingue de certains Messieurs, etc. Les phrases foisonnent de jeux de mots et métaphores très bien trouvés. Oh, une autre fan de Grey's Anatomy! Et puis la référence à Marc Darcy m'a fait penser à Bridget Jones, une héroïne "Madame tout le monde" que j'affectionne particulièrement.

Ce qui fait peur, c'est que derrière toutes ces scènes dignes d'un "one woman show" se révèle une réalité ahurissante mais vraie.  
Et puis on se rend compte que derrière toute cette autodérision se cache un coeur sensible, qui y croit encore et toujours malgré les mauvaises rencontres. En même temps, si une femme comme Caroline poursuit cette recherche, il doit bien exister un homme dans la même situation, qui soit tout aussi honnête. Parce que franchement ce qui m'a le plus gonflée, c'est le manque d'honnêteté de la plupart, alors que c'est le minimum syndical à offrir!

Au final, Caroline croque la vie à pleines dents et savoure les moments présents. ^^

Sur ce, je vais m'offrir une petite bouteille de Chardonnay! (honte à moi, je ne connais pas)

lundi 4 avril 2016

Blandine Le Callet - "La Ballade de Lila K"


Lila a été séparée très jeune de sa mère pour être recueillie et éduquée au Centre. Elle ne se souvient pas de grand chose sur son passé. Son présent est difficile, elle doit apprendre à s'adapter à une société qui surprotège la population soumis à une surveillance de tous les instants. Pour ce faire, son tuteur, M. Kaufmann, l'aide à surmonter ses peurs. Un lien particulier naît entre eux, tandis que Lila ne pense qu'à retrouver sa mère.


J'ai eu l'occasion de lire ce roman grâce à l'annonce d'une rencontre avec Blandine Le Callet à la médiathèque de Gometz. Un coup de coeur! A la fois pour ce récit, mais aussi pour son auteure, très intéressante, dont "l'interview" a été riche en informations et en partages. Je souhaite lire ses autres créations, la prochaine étant "Pièce montée".

"La ballade de Lila K" est une dystopie.
Cette histoire m'a beaucoup touchée. Je l'ai trouvée poignante, dure puisqu'il s'agit de l'atteinte physique d'une enfant. Puis elle doit subir les règles d'une société contre ses désirs et sa personnalité, même si au fond, ces traitements sont pour son bien-être. 
M. Kaufmann apporte une bouffée d'oxygène. Cet éducateur est atypique, n'hésite pas à aller contre la direction en faveur de sa petite protégée. Notamment, il va lui donner l'amour des livres papier alors qu'ils sont interdits.
L'opposition des personnages montre deux courants populaires : ceux qui suivent aveuglément la réglementation sans s'en rendre forcément compte et ceux qui restent attachés aux anciennes libertés. Il existe également ceux qui s'écartent du "droit chemin" lorsque leurs souhaits profonds ne sont pas comblés.

La description de cette société du futur est intéressante : télésurveillance, numérisation des livres, désinformation, contrôle sanitaire poussé, isolement de la banlieue, etc. Il est effrayant de constater qu'on en prend le chemin! En cela on reconnaît les ficelles des dystopies que l'on retrouve dans "1984" d'Orwell (le travail de Lila m'a complètement fait penser à ce roman).
L'ambiance générale est sombre, dérangeante bien que je me sois imaginée des murs blancs. C'est l'idée de l'absence totale de liberté qui m'a gênée parce qu'elle est insidieuse, elle n'est pas clairement affichée. On en prend conscience avec les tactiques de Lila pour échapper à la surveillance du système.

Ce n'est pas un roman d'action, pourtant une fois commencé je n'ai pas pu le lâcher. Il m'aura marquée.

vendredi 1 avril 2016

Challenge "A la conquête des gros pavés!" #1


Ce challenge a été créé par Céline. Lien vers les explications sur son blog : ICI.

Les règles :
- Du 01.09.15 au 30.09.16 (oui oui, 13 mois) il faut avoir lu 3 gros pavés au minimum.
Gros pavé = un livre de 700 pages ou plus, sans compter les dossiers en supplément!

- Ça peut être un livre en plusieurs parties, il faut juste que l'histoire soit complète, que ce soit lu d'une traite et que le livre fasse au total 700 pages ou plus.

Ma liste par ordre de priorité :

1- Hunger Games - Suzanne Collins (1246 pages) -OK
2- Le cycle de Cybione - Ayerdhal (762 pages) - OK
3- Le cycle des Dieux - Bernard Werber (1418 pages)
4- Divergente - Veronica Roth (1368 pages)
5- Metro 2033 et 2034 - Dmitry Glukhovsky (1053 pages)
6- La Quête d'Ewilan - Pierre Bottero (906 pages)
7- Les annales du Disque-Monde - Terry Pratchett (??? pages)
8- Waylander - David Gemmel (1422 pages)
9- Perdido Street Station - China Miéville (968 pages)
10- Les Scarifiés - China Miéville (849 pages)
11- Le concile de fer - China Miéville (731 pages)
12- L'assassin royal - Robin Hobb (??? pages)
13- Aqua TM - Jean-Marc Ligny (728 pages) - OK
14- Saga Victor Coste - Olivier Norek ( 1205 pages) - OK

mercredi 16 mars 2016

Mathias Malzieu - "Journal d'un vampire en pyjama"

 

"Journal d'un vampire en pyjama" est le récit autobiographique de Mathias Malzieu. Le chanteur du groupe Dionysos, auteur de "La mécanique du cœur" a été touché d'une grave maladie de moelle osseuse, l'aplasie médullaire. Dans ce livre, il raconte tout ce qu'il a traversé, depuis les premiers symptômes de sa maladie, jusqu'à sa guérison.

Très touchant. La réalité de la maladie saute à la figure. Le style très poétique de Mathias Malzieu aboutit à un témoignage plein d'espoir, loin d'être larmoyant. Même si le ton est léger, on se rend compte des difficultés énormes qu'il a pu rencontrer.
Il se livre à nous sans fioriture. J'ai découvert qui était cet artiste. Son cerveau est en total ébullition face à la vie! Un grand enfant surfant sur un skate dans les rues de Paris, une personne qui se bat pour ses objectifs et ne lésine pas sur l'effort à donner. Jusqu'à ce que son corps lui rappelle que le repos est nécessaire, que ce n'est pas une machine.

En parallèle, j'ai aussi découvert ce qu'était l'aplasie médullaire dont je ne connaissais pas l'existence. Et là je suis fière de ce que peut apporter la recherche scientifique. Au bout des labos, il y a des médecins qui peuvent apporter des solutions concrètes aux patients.

En revanche - au risque que cette pensée puisse sembler déplacée - je n'ai pas pu m'empêcher de me poser la question : est-ce la même chose pour tous les malades ou bien le fait de s'appeler Mathias Malzieu apporte un certain privilège? (en même temps, tant mieux pour lui). Sincèrement, ayant entendu ce qu'a traversé une connaissance souffrant d'un cancer avancé, je n'ai pas reconnu cette empathie, ce cocon où tout roule, étape après étape. Il lui a fallu se décarcasser pour savoir ce qu'elle allait subir, elle ne savait pas quel état le "planning", comment elle allait pouvoir rentrer chez elle, etc.

Maintenant, j'aimerais bien un fauteuil-œuf! :op

dimanche 13 mars 2016

Ray Bradbury - "fahrenheit 451"


Montag est un pompier et dans cette société du futur, ce ne sont plus les incendies qui sont éteints, mais les livres interdits qui sont brûlés et leurs propriétaires arrêtés. Les gens n'ont plus le droit de lire des volumes entiers. On leur dit qu'ils ne servent à rien puisque ce qu'ils contiennent est faux, et même crée des problèmes en déviant leurs pensées.

J'ai acheté ce livre il y a très longtemps dans une brocante. Je l'ai enfin lu grâce au bookclub de Livraddict prévu le 30 mars. Je suis ravie puisque j'ai proposé le thème dystopie ainsi que ce titre! :o)

Le thème m'a rappelé "1984" ou "Nous autres" que j'ai découverts assez récemment. Logique puisque tous les trois sont des dystopies. 
L'ambiance est sombre, assez glauque, le comportement des gens est triste et énervant puisqu'ils se conduisent comme des moutons, obéissant au gouvernement sans aucune réflexion. 
Mais comme à chaque fois, quelques individus prennent conscience de la réalité et cherchent à se défaire de ces chaines invisibles. Ici le personnage principal est Montag, pompier, qui croise le chemin d'une jeune fille particulière. Elle admire son environnement, s'émerveille de choses futiles, auxquels il ne prêtait pas attention... avant. Et puis on découvre qu'il avait une prédisposition à s'intéresser aux choses interdites.

Les personnages sont bien décrits. La femme de Montag m'a paru insipide, la jeune fille un vrai rayon de Soleil et le chef des pompiers carrément effrayant!
Les technologies sont intéressantes, mais j'ai eu du mal à me les imaginer complètement, comme le système des murs avec la famille en discussion. D'ailleurs, Ray Bradbury n'est pas toujours clair et certains passages sont un peu fastidieux à lire.
Pour finir, je n'ai pas trop accroché avec la chute.


mardi 8 mars 2016

Audur Ava Ólafsdóttir - "Rosa candida"


Arnljótur, un jeune homme de 22 ans, décide de quitter la maison familiale pour partir à l'étranger exercer sa passion, le jardinage. Là-bas l'attend la roseraie historique d'un monastère, dans un village un peu coupé du monde. Au travers de son voyage et de ses souvenirs, on découvre sa vie, notamment qu'il est devenu père par accident et que sa fille est élevée seulement par sa mère.

Cette lecture m'a accaparée par sa poésie, ses paysages et personnages nordiques (Audur Ava Ólafsdóttir est islandaise). 
Les pensées de son personnage principal m'ont bercée, tout en me captivant. Comme il s'agit d'un jeune homme fraîchement devenu père par surprise, qu'il ne connaît que sa ville natale, beaucoup de questions se bousculent dans sa tête et on ressent sa confusion, son innocence face aux aléas de la vie. Arnljótur en devient très attachant. 
Mais aussi son vieux père devenu veuf récemment, et puis son ex-flirte d'une nuit qui se retrouve un peu dépassée par les évènements, ainsi que le frère Thomas, un passionné de films vidéo qui tente de le conseiller à sa manière. Même les personnages effacés ont leur charme : les infirmières, la vendeuse de vêtements pour enfant, etc.
Cette histoire sonne juste. Elle paraît réaliste, même si les évènements peuvent parfois sembler exagérés. Toutefois, ce sont le piment de l'intrigue. 
Il est remarquable qu'une femme d'âge mûre puisse dessiner le portrait d'un homme et si jeune, de cette façon authentique.

J'ai donc passé un excellent moment de lecture. Elle m'a fait du bien, permis de m'évader. La fin est un peu inattendue et me laisse une drôle de sensation...

mercredi 2 mars 2016

Raphaël Albert, Jeanne-A Debats, Raphaël Granier de Cassagnac, Johan Heliot, Nicolas Fructus - "Un an dans les airs"



Voyage extraordinaire dans la cité volante, Un an dans les airs, d'après l’œuvre de Jules Verne

Cet album retrace l'aventure vécue par Nadar, Julie Servadac, Philippe Daryl et Jules Verne, à bord de Célesterre, une cité volante. On y retrouve notamment de brillants savants, une population vivant en harmonie et autosuffisance, à la recherche d'un idéal de paix, vivant cachés du reste du Monde. 

Chaque auteur incarne un personnage qui rapporte sa vie quotidienne par le biais d'un journal de bord, comme tout habitant de Célesterre se doit d'en tenir un. On découvre un monde scientifique, artistique, politique, ainsi que des pensées philosophiques et religieuses. Finalement, le personnage principal est Célesterre, vu de quatre regards différents.

C'est la première fois que je lis un ouvrage de ce genre et j'ai été surprise par la densité du contenu! Il ne fait aucun doute qu'il ait demandé de grosses recherches documentaires. Quel boulot! Et quel résultat!!! Merveilleux! 
Je me suis baladée avec délectation au sein de cette ville aérienne, composée de ballons, ponts, câbles et même d'engins modernes en avance sur leur temps. La fée électricité est au cœur de son fonctionnement, comme j'en avais fait également le constat dans Vingt-mille lieues sous les mers.
Bien sûr les références aux romans de Jules Verne et à ses personnages sont partout. Comme je les ai lus il y a bien longtemps (à part celui du sous-marin), elles ne me disaient pas grand chose. Mais cela ne m'a pas gênée. Au contraire, elles me poussent à (re)découvrir ses écrits. Seulement la quantité m'effraie...

Les illustrations de Nicolas Fructus sont magnifiques et ont participé directement à mon sentiment d'accompagner les aventuriers à travers ce voyage extraordinaire. Ses dessins sont riches en détails. J'aurais aimé marcher réellement sur ces passerelles de bois, toucher aux parois, me plonger dans les livres de la bibliothèque, admirer les papillons de Lady Madelina Corgay.
Et puis les photographies apportent une autre dimension au récit, comme s'il s'agissait de faits historiques.

A noter que la mise en page est très soignée. Il est facile de suivre les étapes du chemin suivi par Célesterre. Un signet permet même de marquer sa page!

Je recommande cet album pour vous-même, mais aussi comme cadeau à offrir. Ce qui est mon cas. "Un an dans les airs" est une vraie pépite phénomène culte. ;o)