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dimanche 29 juillet 2018

Raphaëlle Giordano - "Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une"


Camille est une mère débordée, stressée, qui perd de vue l'essentiel de la vie. Sa conscience se réveillera petit à petit au hasard d'une panne de voiture...

Un roman à 200% "feel good"!!! Donc une lecture qui fait du bien au moral, qui donne envie de se reprendre en mains et d'aller de l'avant. 
Très utile pour le développement personnel et ça passe très bien sous cette forme de fiction. 
Je me suis retrouvée dans cette femme au quotidien bien rempli, vite stressée pour pas grand chose finalement. 
Et puis on retrouve des petites astuces à appliquer dans notre vie bien réelle : la fiction rejoint la réalité. Par exemple, j'applique l'idée du carnet du positif, pour se rappeler les bons moments lorsque je broie du noir. Ca fonctionne quand j'y mets de la bonne volonté. ;o)

A mon avis, un petit livre à emmener en vacances...

mardi 24 juillet 2018

Bret Easton Ellis - "American psycho"


Patrick est un golden boy aimant les femmes, les vêtements de marque, les restaurants et bars huppés, ses cheveux. Mais aussi, son côté sombre le pousse vers la cocaïne et la violence.

Je pense qu'American psycho est le genre de livre qu'on adore ou qu'on déteste. Pour ma part, je l'ai lu parce qu'il a fait beaucoup parler de lui. Eh bien j'ai trouvé que c'était un navet! C'est creux! Ce pavé de 500 pages aurait pu être écrit en 100 pages. Énormément de redondance, des passages qui ne servent à rien, des dialogues décousus, aucun personnage accrocheur, pas même les victimes. Et je n'ai pas compris le pourquoi du comment des critiques musicales, qui elles, en revanche, étaient bien développées, très bien argumentées et écrites.
Les passages violents ne font pas dans la dentelle. Âme sensible s'abstenir. Mais au moins, l'auteur sait très bien les décrire! Sans parler des scènes dignes d'un film X.
Là où j'ai pu trouver un intérêt, c'est dans le psychisme du personnage principal. La façon dont il voit ses collègues, les femmes, ses futures victimes. La construction de ses pensées. Mais encore une fois, beaucoup de redondance, on s'ennuie rapidement.

Bref, un roman qui ne mérite pas tout le battage médiatique dont il a bénéficié.

dimanche 1 juillet 2018

Parinoush Saniee - "Le voile de Téhéran"


En Iran, une jeune fille tombe amoureuse d'un apprenti pharmacien, ce qui choque sa famille. Ses frères la forcent alors à se marier à un homme qu'ils choisiront. Elle devra s'adapter à sa nouvelle vie, dans un pays en pleine mutation.

J'ai adoré ce roman!!! On y découvre les us et coutumes de l'Iran sur un grand laps de temps. Mais aussi son développement politique et la guerre en arrière-plan.
L'histoire de cette femme est captivante, choquante, poignante. La force de l'héroïne force l'admiration du lecteur. L'intrigue est surprenante : on pourrait penser que Massoumeh connaîtrait une vie lugubre et finalement, elle ne tombe pas si mal que ça, son quotidien aurait pu être bien pire.
Franchement, si cette femme a vraiment existé, il s'agit d'un véritable modèle de courage!

Je recommande chaudement cette lecture!

dimanche 27 mai 2018

Gaël Faye - "Petit pays"

Quatrième de couverture : En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…

"Petit pays" est un petit livre qui se lit très vite. C'est une histoire cruelle par sa réalité, en partie autobiographique. On commence par la lecture de l'enfance insouciante des gamins de quartier pour finir par la guerre qui n'a aucune pitié. On y retrouve les questionnements d'un gamin aux parents d'origines différentes (une mère rwandaise et un père français) et qui, de surcroît, se séparent.

dimanche 29 avril 2018

Daniel Glattauer - "Quand souffle le vent du Nord" et "La septième vague"


Les vies d'Emmi et de Léo se croisent par hasard au détour d'un mail envoyé à une mauvaise adresse. S'en suit un échange épistolaire qui va durer des mois et même des années. Leurs sentiments feront les montagnes russes.

Ces romans sont exclusivement composés de mails, placés dans le temps. Le fond est très simple : Emmi et Léo se tournent autour, en rond, se répètent, se cherchent. C'est très "gnangnan" mais je suis certaine que c'est la réalité. Or, à part être concerné directement, de l'extérieur ce ne peut être qu'ennuyeux. En effet, c'est mon ressenti. Ces romans souffrent de longueur. Tout aurait pu être bouclé en un seul livre.
En revanche, cette histoire se lit vite, les protagonistes ont certaines pensées intéressantes et les jeux de mots sont bons. Donc, une très bonne lecture pour s'évader.

dimanche 12 novembre 2017

Agnès Ledig - "Juste avant le bonheur"


Une jeune caissière de 20 ans croise par hasard le chemin d'un homme de 50 ans qui lui offre de partir en vacances au bord de la mer avec leurs fils respectifs. Après beaucoup d'hésitation elle accepte et vit des jours magnifiques. Mais le malheur est sur la route du retour.

Je n'avais pas lu la quatrième de couverture avant d'entamer ma lecture. Je souhaitais lire un roman "feel good", eh bien je me suis bien plantée!!! J'ai pleuré!!! Ma boîte de mouchoirs s'en souvient! L'auteure a atteint son objectif avec ce tsunami d'émotions qu'elle réussit à susciter. Son style est simple, plein de fraîcheur, efficace.

Le roman commence très positif, puis on plonge dans le pire malheur, et la remontée est difficile. Il se lit très vite. Le récit est vivant grâce aux dialogues. Les personnages sont attachants, que ce soient les principaux ou les secondaires. Toutefois, les évènements sonnent quand même invraisemblables.

Donc j'ai pleuré, mais j'ai aimé.

lundi 4 septembre 2017

Paulo Coelho - "Veronika décide de mourir"


Veronika s'ennuie de la vie et tente de se suicider en avalant des médicaments. Elle se réveille à l'hôpital psychiatrique et apprend qu'elle n'a plus qu'une semaine à vivre. L'attente de sa mort ne lui apparaît plus de la même manière...

Ce roman est une vraie bonne découverte. Je recherchais un livre de Paulo Coelho pour valider le pays Brésil pour mon défi 1Pays1Auteur, or je connaissais déjà l'Alchimiste. Eh bien je préfère "Veronika décide de mourir", certainement parce qu'il fait contemporain, moins exotique et donc, il m'a été plus facile de me projeter dans cette histoire.

L'auteur a dû s'inspirer de sa jeunesse car il a connu lui-même un (ou plusieurs?) séjour en hôpital psychiatrique à la demande de ses parents. Lorsqu'on connaît ce fait, son roman prend une nouvelle dimension.

Il nous fait de nouveau réfléchir sur la Vie, son sens, sur nos attentes et nous montre un chemin pour s'épanouir. Mais la façon dont il s'y prend est originale : au travers des yeux d'une jeune femme qui a tenté de se suicider, puis au travers des différents patients d'un hôpital psychiatrique. J'ai aimé la description de la folie placée dans le cadre de notre société. Ce livre ne compte pas beaucoup de pages et pourtant l'auteur réussit à bien éplucher les sentiments, le fonctionnement de ces cerveaux atypiques.
De mon point de vue, le directeur représente la raison. Je m'attendais à un médecin froid, sans sentiment, à une personne très cartésienne, eh bien pas du tout! Il est attachant et souhaite trouver une solution à ce qu'il appelle "l'amertume".

"Veronika décide de mourir" m'a fait réfléchir et le passage "Cesse de penser que tu causes de l'embarras, que tu déranges ton prochain! Si cela ne leur convient pas, les gens n'ont qu'à se plaindre. Et s'ils n'ont pas le courage de se plaindre, c'est leur problème." me restera en tête.

vendredi 11 août 2017

Moses Isegawa - "Chroniques Abyssiniennes"


Mugezi raconte l'histoire de sa famille en Ouganda, des années 50 aux années 90, de la vie de ses grands-parents jusqu'à son arrivée aux Pays-Bas.

Je pense qu'une grande partie de ce roman est autobiographique ou en tout cas, fortement inspirée de faits réels. L'auteur nous plonge dans l'histoire et la culture ougandaise. J'ai adoré! Je ne connaissais pas du tout ce pays et j'ai eu l'impression d'en apprendre énormément.

Les personnages sont plus ou moins attachants, en tout cas très intéressants, bien décrits et fouillés, criants de réalisme, d'où je pense qu'il s'agit de faits réels.
Il me semble que tous les sujets sont abordés, parfois avec des mots crus en ce qui concerne la sexualité ou ce qui se rapporte au corps, vivant ou mort, ce qui m'a interpellée. Ainsi, Moses Isegawa parle des relations familiales qui sont bien différentes des nôtres, du travail, du rapport à l'argent, des différences entre la vie urbaine et la vie rurale, de la culture ougandaise notamment autour des grands évènements de la vie, de religion et de politique, de la guerre.
Le texte souffre parfois de redondance, avec des retours vers le passé, mais peut-être est-ce volontaire pour rappeler certains points. En tous les cas, il est très riche en informations, sans que la lecture ne soit fastidieuse ou ennuyeuse (parce qu'il s'agit d'un pavé de plus de 500 pages en grand format, avec très peu de dialogues). Je me suis régalée!

mercredi 9 août 2017

Lori Nelson Spielman - "Demain est un autre jour"


Suite au décès de sa mère, Brett Bolhinger pensait qu'elle deviendrait PDG de l'entreprise familiale. Au lieu de ça, elle se retrouve à devoir valider les souhaits qu'elle avait listés étant gamine. Or, cette tâche est loin d'être facile et la jeune femme va voir sa vie se transformer.

Cette lecture a été très rafraîchissante. L'histoire est légère, un peu naïve, un peu trop versé dans la romance, mais j'avais besoin de ça actuellement et ce roman a parfaitement joué son rôle. Par contre, je recherchais un déclic que je n'ai pas trouvé, comme j'ai pu l'avoir après les lectures de Laurent Gounelle.

Au-delà de l'intrigue, on trouve des thèmes sérieux qui poussent à la réflexion : les liens entre les différents membres d'une famille, leurs différents ressentis face à une situation, le rapport des gens à l'argent, l'altruisme, les questions existentielles d'une femme trentenaire, etc. 
Finalement, le ton était beaucoup plus sérieux que ce à quoi je m'attendais. Le rappel du décès de la mère est omniprésent, ce qui m'a semblé apporter une noirceur dont je me serais bien passer, mais en même temps, comment faire autrement puisque c'est le cœur de l'histoire narrée. Sans parler de l'évènement clé en seconde partie du livre où là, on plonge carrément dans le drame...

Après réflexion, une lecture pas si légère... et pourtant pleine d'émotions positives.

mercredi 28 juin 2017

Elena Ferrante - "L'amie prodigieuse"


Dans un quartier pauvre de Naples, dans les années 50, Elena et Lila se lient d'amitié. Leurs relations sont relativement particulières du fait de leur caractère si différent. Toutes deux studieuses et très intelligentes, elles se lancent dans une sorte de compétition aux bons résultats. Que leur réserve la vie?

Ce roman ressemble fortement à une autobiographie, mais ce n'est pas clairement mentionné, bien que le pseudonyme de l'auteure soit identique à la narratrice, Elena.
Ainsi nous suivons sa vie et celle de son quartier avec ses habitants, de son enfance à l'adolescence.

Le sujet de fond est très intéressant. J'ai découvert une facette de l'Italie très riche en enseignements, qui m'était totalement inconnue.
On retrouve les "petits métiers", avec les galères que connaissent certains travailleurs, la façon dont certains s'en sortent malgré tout. L'isolement du quartier pauvre, l'inaccessibilité du quartier riche, mais cette limite s'atténue au fil des années. Et puis le système éducatif, avec les élèves qui peuvent continuer leurs études et ceux qui doivent arrêter non soutenus par leur famille. La rivalité des bandes de jeunes, l'histoire de leurs parents qui les poursuivent.

Elena et Lila m'ont souvent agacée, avec leur amitié fluctuante, déséquilibrée. La puérilité de la narratrice est parfois trop forte et on la retrouve dans l'écriture. Et la méchanceté de son amie est dérangeante.
Et puis le récit souffre de longueurs. Certains passages manquent de rythme. Malgré tout, la lecture reste agréable dans sa globalité. 

Je n'attends pas la suite avec impatience, mais je suis tout de même curieuse de connaître les devenirs d'Elena et Lila.

vendredi 9 juin 2017

Laïa Jufresa - "Umami"


Différentes personnes et familles se côtoient, vivant les unes à côté des autres autour d'une cour dans des maisons portant le nom des goûts présents dans la bouche : Sucrée, Salée, Acide, Amère, Umami. Chacune porte ses secrets, son passé et son présent plus ou moins lourds.

Merci aux éditions Folio et à Livraddict pour ce partenariat. Cette lecture m'a fait un bien fou!

Je connaissais déjà le goût umami qui correspond au monosodium de glutamate si mes souvenirs sont bons. J'en avais discuté avec ma formatrice qui donnait un cours sur les goûts. Aussi, ce titre m'a de suite interpellée et je ne regrette pas cette lecture! 

Ce roman traite de la vie tout simplement. Toutefois un peu invraisemblable puisque tous les personnages portent leurs fardeaux et pas des moindres : deuil, absence, problèmes psychologiques liés au passé, etc. Quelle est la probabilité pour que tous ces maux se retrouvent au sein d'une même communauté d'individus? Mais cela ne m'a pas gênée, sinon il n'y aurait pas cette richesse dans l'histoire.
En revanche, les détails sonnent réalistes comme la volonté d'une petite fille de vouloir créer son jardin, l'exploration des corps entre enfants, la dépression qui accompagne le deuil, l'exploration de la forêt, les histoires que l'on peut se raconter, etc. D'autre part, le franc parler dans les dialogues apportent encore plus de réalisme au récit.

J'ai adoré le fait qu'on découvre ces vies par petites touches, en revenant plus ou moins loin dans le passé. Les points de vue s'alternent entre les voisins, apportant de nouvelles informations personnelles ou justement sur les autres.
La tristesse côtoie les petits bonheurs de la vie où l'on peut se reconnaître. On a tendance à retrouver son âme d'enfant en étant témoin des jeux des enfants.
Et l'ensemble est raconté avec tellement de poésie, de finesse! Je me suis laissée porter par ces histoires individuelles mais également communes.

"Umami" nous fait aussi découvrir une facette du Mexique. Un lexique donne des explications aux termes typiques de ce pays. Il se rapporte essentiellement aux spécialités culinaires.
La milpa m'intrigue et j'aimerais bien tenter cette culture où le maïs pousse accompagné d'haricots et de courges. Sauf qu'en France, je ne suis pas sûre que le climat s'y prête. Peut-être dans le sud...

Je crois que ce roman est un coup-de-coeur pour moi. Cette lecture légère est arrivée au bon moment! J'ai dévoré ces 300 pages. Bien qu'il n'y ait pas d'action à proprement parler, on ne s'ennuie pas.

dimanche 19 mars 2017

Jean-Paul Didierlaurent - "Le liseur du 6h27"


Guylain prend tous les jours le RER pour se rendre à l'usine de destruction de livres où il travaille. Tous les matins, il sort quelques pages sauvées pour les lire à haute voix dans le train.

Une lecture coup de cœur! Pas de prise de tête. Des pages pleines de poésie. Je me suis laissée porter par l'histoire de cet homme amoureux des livres et qui pourtant doit les détruire. 
Des personnages simples qui peuvent être nos voisins, qui nous emmènent dans des histoires d'amitié attendrissantes. J'ai été surprise de découvrir l'origine de la quête de son ancien collègue Giuseppe. Franchement, quelle excellente idée!
Puis Guylain part lui-même dans sa quête de l'inconnue et cette fois-ci, c'est Giuseppe qui l'aide.

De l'humour, des choses étonnantes, un bon cocktail divertissant!

dimanche 5 mars 2017

Leïla Slimani - "Chanson douce"


Une nounou exceptionnelle, chaudement recommandée par ses anciens employeurs, assassine les deux jeunes enfants dont elle a la charge et loupe son suicide. Mais pourquoi?

"Chanson douce" a reçu le prix Goncourt 2016. Je l'ai lu parce qu'il fera l'objet du prochain bookclub sur Livraddict. J'ai eu peur de ne pas pouvoir l'emprunter à la médiathèque car tous les exemplaires étaient déjà sortis et réservés!
Du coup j'en attendais beaucoup et j'ai été un peu déçue parce qu'il n'y a pas de suspens, pas de surprise. 

Toute la teneur de ce roman est dans la narration, le déroulement de l'histoire de cette famille sans histoire qui a recruté une nounou aux références exceptionnelles. Et peu à peu, on découvre qui est réellement Louise. Comment elle en est arrivée à commettre cette acte extrême. 
Et franchement, la plume de Leïla Slimani est très agréable. L'histoire est bien menée et se lit très vite (moins d'une semaine pour ma part). Le lecteur a le point de vue des différents acteurs et témoins. 

Je ne classerais pas ce livre dans les thrillers parce qu'il n'y a pas de vrai suspens ou d'enquête à proprement parler. Ce sont les psychologies de chacun qui sont décortiquées, essentiellement celles de Louise, la nounou, et de Myriam, la mère des enfants. Et à travers cette dernière, est remis en question le rôle de la femme dans son foyer. Pas simple.

mercredi 1 février 2017

M. Tuttle - "J'irai voter pour Bourbaki"


Au détour d'un spam, trois jeunes adultes se retrouvent à discuter sur leur vision du monde et de la politique. Petit à petit se dessine un projet, où chacun pourrait participer...

Je remercie Livraddict et M. Tuttle pour ce partenariat. Le titre m'a de suite interpellée étant sensible au monde politique. Or, ce roman a complètement fait écho à ma façon de penser : la politique actuelle est pourrie, tenue par une caste totalement déconnectée de la réalité du quotidien de la très très grande majorité des français. L'auteur rapporte des faits que je connaissais pour la plupart, mais pas tous. L'un n'apparaît pas je crois et il aurait pu avoir toute sa place : le lien entre Bouygues (qui ne s'arrête pas aux télécom et immobilier) et Sarkozy.
Et puis le monde virtuel, avec les réseaux sociaux, la surveillance informatique, le partage des données, prend une place prépondérante dans ce roman. J'ai appris l'existence de certains sites ou applis qui m'étaient étrangères.
Enfin, un sujet primordial qui nous concerne tous, même si certains grincent des dents lorsqu'on en parle : l'écologie. Eh oui! Nous n'avons qu'une planète, la même pour les pauvres et les riches! Alors quand j'ai entendu dans un documentaire que le but de Total était de pomper le plus de pétrole possible malgré les soucis de pollution, dans ma tête j'ai hurlé!

Vous l'aurez compris, au-delà de l'intrigue et des personnages, c'est le message véhiculé par le texte le plus important.
Le fait que M. Tuttle ait choisi d'écrire une fiction plutôt qu'un essai, me semble très judicieux. Ainsi, les idées sont plus faciles à comprendre, à recevoir et moins indigestes à lire. A mon avis, par ce biais, elles devraient toucher une plus large population. La lecture est très agréable et facile.
Aussi, l'auteur utilise la première personne du singulier, grâce au personnage principal qui nous interpelle directement. De ce fait, nous sommes impliquées dans l'histoire ce qui la rend enore plus percutante. 

Je regrette seulement que ce livre n'ait pas vu le jour plus tôt par rapport aux prochaines élections présidentielles, parce qu'il éveille réellement les consciences. En tout cas c'est mon cas : cette année, pour la première fois, je pensais m'abstenir de voter parce que "trop c'est trop" et finalement quand je ne m'intéressais pas à la politique, je me portais mieux moralement parlant, et puis après cette lecture, eh bien je me dis que non, je dois tout de même y aller. Pour le premier tour ce sera simple, pour le second je crains le pire.

Je suis très curieuse de savoir qui se cache derrière M. Tuttle. 😉

lundi 5 décembre 2016

Chimamanda Ngozi Adichie - "Americanah"


Ifemelu décide de quitter le Nigéria pour poursuivre ses études aux Etats-Unis. Et pour la première fois, elle sera confrontée à l'idée de race. Ainsi elle découvrira le regard de la population vis à vis des noirs africains et des noirs américains. De ses constatations naîtra son blog. Et puis il y a Obinze, son amour de jeunesse qui n'a pas pu la suivre et qui lui, tentera sa chance en Angleterre.

Ce roman est très instructif. On découvre le point de vue des migrants noirs africains confrontés aux difficultés d'insertion dans un pays complètement inconnu. D'autant plus instructif que les faits se déroulent sur trois continents : l'Afrique, l'Amérique et l'Europe. En effet Ifemelu part pour les Etats-Unis tandis qu'Obinze part pour l'Angleterre.

L'écriture de Chimamanda Ngozi Adichie est très agréable. Ce n'est pas un livre d'action ou de suspens. On se laisse simplement porter par l'histoire des protagonistes, tout en réfléchissant aux situations et pensées rapportées.
Les relations entre personnes blanches et noires, mais également entre noires américaines et noires africaines, sont extrêmement bien fouillées. Je n'avais pas conscience de tout ça. Et puis l'auteure aborde des difficultés qu'on ne soupçonne pas forcément, comme le problème des cheveux. Je ne pensais pas que des cheveux lissés pouvaient être indispensables pour trouver un bon travail. Aussi, les relations amoureuses peuvent être faussées, plus compliquées si la couleur de la peau entre en jeu.
De plus, l'auteure traite du phénomène des faux papiers, des conditions de vie difficiles lorsque les migrants sont en situation illégale. Ils veulent travailler, mais ne le peuvent pas à moins de biaiser. 
Enfin, le personnage d'Ifemelu est quand même bien particulier. Elle apparaît en avance sur son temps par rapport à ses amies. Et elle a du caractère!!!

C'est un livre que je recommande pour mieux comprendre ce que peuvent ressentir les étrangers venus pour vivre dans un pays totalement différent.

mercredi 24 août 2016

Yasmina Khadra - "L'équation africaine"


Un médecin allemand, devenu veuf, part en voyage humanitaire vers l'Afrique avec son meilleur ami. Leur bateau se fait prendre par des pirates.

L'écriture de Yasmina Khadra est merveilleuse! Elle est poétique ce qui contraste avec l'horreur du récit et pourtant les deux s'allient très bien. En effet, l'histoire est dure, d'autant plus que les scènes sont criantes de réalisme. On ne peut qu'être touché par la souffrance des kidnappés.

Ainsi, l'auteur nous décrit le côté obscur de l'Afrique pauvre et pourtant, certains pirates ne sont pas si mauvais. La plupart ont des "excuses" à leurs actes. Du moins, on peut comprendre pourquoi ils ont mal tourné.
Il nous parle aussi de la vie plus que difficile des villages disséminés dans le désert. Mais à l'opposé, on découvre également la force de ses habitants au travers du regard d'un français devenu africain dans son cœur.

A mon avis, je lirai d'autres romans de Yasmina Khadra!

mardi 12 juillet 2016

Chris Simon - "Memorial Tour"


Patrice fait la surprise à sa femme Hélène d'un voyage organisé : ils partent sur les traces de la Shoah accompagné d'autres touristes. Au fur et à mesure, "l'historiquement correct" devient de plus en plus réel...

Ce petit roman est un coup de coeur pour moi! Je l'ai lu en deux jours, mais un seul aurait pu suffir.
Il narre l'exportation des français juifs ou résistants d'un point de vue très original, auquel il fallait penser et auquel je ne m'attendais pas : celui de touristes qui ont payé pour un voyage organisé qui colle à l'Histoire.

Le jeu des personnages permet au lecteur d'assister à cette expérience de différentes façons : les uns sont emballés, les autres se plaignent dès le départ, et d'autres encore suivent le mouvement, fatalistes.
Le récit est dur, en rapport avec les faits historiques, mais les pointes d'humour l'allègent, le rendent moins oppressant.

L'auteure ramène les faits historiques dans la réalité présente. Les allers et retours entre le passé et le présent sont omniprésents. Celui qui m'a le plus marquée je crois, c'est l'incrédulité des voyageurs, le fait de ne pas y croire tellement c'est énorme.
Grâce à ce roman, je me suis rappelée mes cours d'histoire. Habituellement, j'avoue boycotter cette période que ce soit en lecture ou en film, parce que je la trouve trop dure, je ne supporte pas d'entendre parler de la guerre et surtout de CETTE guerre. Or ici, j'ai été marquée comme à chaque fois, mais cela m'a paru moins "cru", moins perturbant, peut-être parce que je l'ai pris comme "seulement" une simulation.

Chris Simon nous pousse à nous questionner sur le "tourisme noir", à savoir où est la limite de la décence.
Par deux fois, j'ai vécu cette expérience, des deux côtés opposés en fait : 1) ayant subi l'explosion de l'AZF, j'ai été choquée de voir les touristes s'arrêter sur le bord de la route pour voir et prendre en photo l'endroit ravagé par la détonation ; 2) sans préméditation, je suis allée dans le village d'Oradour-sur-Glane et je ne voulais qu'une chose, repartir, je ne pensais pas que ce serait si fort, avec l'impression d'être à un enterrement, malgré les autres touristes qui ne respectaient pas les lieux.
Selon moi, le tourisme noir est malsain (ou pas) selon la façon dont l'aborde les voyageurs. Egalement, il est à proscrire lorsque des habitants vivent sur les lieux du drâme et sont encore en pleine reconstruction (à côté de l'AZF, je pense aux évènements climatiques qui ravagent des villages entiers).


Je remercie vivement Chris Simon et Livraddict pour ce partenariat qui m'a chamboulée.

dimanche 26 juin 2016

Edith Couture Saint-André - "L'homme allongé et autres nouvelles"



Ce livre est composé de six nouvelles :
  • A cœur perdu --> Un homme tombe amoureux de la prof de peinture de son petit-fils.
  • L'homme allongé Une prostituée s'est spécialisée dans le sado-maso et continue de recevoir des clients fidèles alors qu'elle est en âge de pouvoir prendre sa retraite.
  • Une belle-mère à durée indéterminée et voit sa vie chamboulée lorsqu'arrive une brue.
  • Roméo en juillet .
  • Une tête en trop Un sexagénaire drogué doit rencontrer son futur beau-frère policier.
  • Un hématome sur l'épaule .

Un grand merci à Chris EBouquin et Edith Couture Saint-André pour ce nouveau partenariat.

Ce livre est une chouette surprise! Alors que je restais mitigée à propos de "mon été avec Lucifer", cette fois-ci "L'homme allongé et autres nouvelles" m'a particulièrement bien plu! Des nouvelles liées à la mort croustillantes! Tout est dans l'art de manier l'humour macabre de l'auteure.

Ce que j'ai adoré, c'est donc l'humour qui permet de voir la mort d'une autre façon, avec le sourire finalement, mais aussi toute la poésie des histoires d'amour. Moi qui ne suis pas fan de romance, ces récits n'ont rien à voir. Les rencontres, le vécu des personnages, sont beaucoup plus intéressants, pas du tout mièvres.
Le format court convient très bien à ces histoires. On ne ressent pas le besoin de les développer comme ce peut être le cas dans ce genre littéraire.

J'ai réellement passé de très bons moments de lecture! J'aurais même apprécié quelques nouvelles supplémentaires! :op

Et puis l'illustration de la couverture est très bien trouvée! Tout à fait appropriée! ^^

dimanche 19 juin 2016

Edith Couture Saint-André - "mon été avec Lucifer"


Mathilde est célibataire, vit à Montréal et approche des 60 ans. La vieillesse l'effraie et se fait ressentir. Un jour, Lucifer lui propose un pacte : des vies à prendre contre des années de jeunesse regagnées.

Un grand merci à Chris EBouquin et Edith Couture Saint-André pour ce partenariat.

Tout d'abord, l'intrigue en elle-même ne m'a pas trop emballée. Peut-être parce que je préfère nier la vieillesse tant que je le peux encore. Or, tous ces détails à propos des années qui touchent la santé et le physique des personnages sont déprimants. Ce qui signifie aussi que le thème est bien décortiqué et décrit par l'auteure!

En revanche, le cadre m'a plu. J'ai découvert des côtés de Montréal que je ne connaissais pas : certaines expressions et aussi les escaliers externes qui m'ont poussée à faire une recherche sur le net. ^^
La plume d'Edith Couture Saint-André est très agréable à lire. L'humour allège le sérieux du récit et heureusement!

Et puis le personnage de Lucifer... Un vrai bijou! J'ai plus accroché à Lucifer qu'à Mathilde. Dois-je me poser des questions? :op Un caractère bien trempé, aux penchants diaboliques, un look d'enfer!
D'ailleurs, l'auteure réécrit les dogmes bibliques d'une manière très intéressante.

Un autre point fort est la façon dont est développé le vécu des différents protagonistes. Leur passé est rapporté de manière fluide, parfois on change même de point de vue sans que cela ne gêne.
Également,un certain côté retrouvé avec le rajeunissement est bien vu. J'espère juste qu'il ne sera pas concrétisé par la suite... Il s'agit juste d'une question de goût de ma part, comme ce que je pense de la fin.

Je ne dirai rien de concret sur la chute de l'histoire, juste que je n'y adhère pas. Un peu trop puérile à mon goût. Peut-être était-elle nécessaire en accord avec la suite de ce roman? Parce que oui, les aventures de Mathilde ne s'arrêtent pas là. ;o)