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dimanche 14 octobre 2018

Andrea H. Japp - "Les mystères de Druon de Brévaux"


A l'époque du Moyen Âge, Héluise Fauvel fuit l'Inquisition dont a été victime son père. Pour ce faire, elle voyage sous les traits d'un médecin itinérant, dispensant son art pour gagner de quoi vivre. Une mystérieuse pierre rouge serait à l'origine de toute cette mésaventure.

Cette saga compte 4 tomes et je l'ai trouvée géniale! Elle offre du mystère, des connaissances sur la France d'autrefois et notamment sur l'origine de nos mots et expressions actuelles, des enquêtes bien ficelées, et même des affaires de cœur. Bref, un bon cocktail à la fois divertissant et instructif. Il est clair que l'auteure s'est très bien documentée sur cette époque.

Plusieurs intrigues s'entrecroisent, avec des lieux géographiques bien différents, mais le lecteur ne se perd pas. Tout est rappelé avec finesse et à bon escient. Quelques redondances parfois en début de tome, pour rappeler le(s) précédent(s).

L'héroïne, Héloïse/Druon, est attachante. En revanche, elle est peut-être un peu trop douée pour être crédible. Cela ne m'empêche pas d'avoir trouvé tous les personnages bien dessinés, qu'ils soient bons ou mauvais.
Et j'ai apprécié que l'auteure ne prenne pas de pincettes pour les morts qui jalonnent son intrigue. Le sort touche même les êtres innocents.

lundi 27 mars 2017

German Maggiori - "Entre hommes"


Des hommes hauts placés font la fête dans un appartement et entament une partouse en compagnie de deux travestis et d'une jeune prostituée. Seulement cette dernière meurt d'overdose. Impossible de dormir tranquilles, sachant qu'il existe une vidéo de cette petite sauterie, impossible à retrouver! L'affaire est pimentée par l'implication de bandes de truands et de flics plus ou moins équilibrés.

Merci à Livraddict et aux éditions Folio pour ce partenariat. Ce roman est à paraître, aussi je n'ai pas la couverture correspondante pour illustrer cette chronique. Je la mettrai dès que je l'aurai. ;o)

Ce roman est annoncé comme étant le "meilleur polar argentin de tous les temps" et considéré comme un "livre culte".
Eh bien... j'ai été déçue. Comme le titre l'annonce, quasiment tous les personnages sont des hommes. Finalement, je crois qu'il n'y a qu'une femme : la prostituée décédée! ^^ Cependant, n'importe quel lecteur adulte peut être sensible à ce genre de polar, même une femme. Ce n'est pas ça qui m'a dérangée.

Je pense que l'idée générale est bonne, avec l'interrogation "mais où est passée cette fichue vidéo?", l'enquête des flics déjantés et l'implication, malgré eux, des truands. German Maggiori possède un bon style dans les tournures de phrases et apporte de l'humour à cette sombre histoire, ce qui permet de ne pas verser dans le trop glauque. Parce qu'à ce niveau nous sommes servis! C'est sexe, drogue, assassinats et vols!

Là où ça ne le fait pas de mon point de vue, c'est au niveau du récit qui m'est apparu décousu. On passe de personnages à d'autres, parfois avec des décalages chronologiques, ce qui m'a un peu perdue. Sans parler de la quantité de noms à retenir! Egalement, l'histoire foisonne de digressions pour la plupart intéressantes, mais certaines sont non seulement sans intérêt mais en plus sont beaucoup trop longues. 
Et puis le changement de narration (de la troisième personne, on passe à la première du singulier qui n'est pas toujours la même, pour retourner à la troisième) m'a complètement déroutée. Je n'ai pas compris l'objectif de ce changement qui n'apporte rien, à part une rupture du rythme malvenue.
Pour couronner le tout, la fin m'a laissée sur ma faim. Attention SPOILER : LA scène que j'aurais aimé lire, n'a pas été détaillée, juste mentionnée et encore, on ne connaît pas vraiment son aboutissement (ou alors je n'ai pas compris).

mardi 24 janvier 2017

Ian Manook - "Les temps sauvages"


Oyun et Yeruldelgger enquêtent chacun de leur côté sur la mort mystérieuse de deux inconnus, lorsque l'une tombe amoureuse d'un militaire et l'autre se retrouve accusé du meurtre d'une de ses amies.

Difficile d'en dire plus sans trop en révéler, car l'intrigue change très vite.

Ce roman fait suite à Yeruldegger que j'avais fortement apprécié, aussi j'avais acheté le second tome lors de la rencontre-dédicace en novembre 2015. J'ai retrouvé sa plume avec grand plaisir. De nouveau les personnages et les décors sont très bien dépeints, et on en apprend toujours un peu plus sur la vie en Mongolie. Quelques éléments du premier livre réapparaissent et heureusement sont bien relatés pour se souvenir de quoi il s'agit. Encore une fois, les différents chemins de l'histoire se rejoignent pour former un tout.

Mais cette fois-ci, le roman ne s'arrête pas à la Mongolie, il nous fait aussi voyager au Havre, et rencontrer un autre flic, Zarza, aussi atypique que Yeruldegger. Leurs façons de faire se ressemblent beaucoup. Alors quand les deux se croisent pour de bon, c'est croustillant. ^^ 

Toutefois, j'ai moins accroché parce que les ficelles politico-mafieuses m'ont paru trop compliquées. En toute franchise, je crois ne pas avoir tout compris et donc, je suis quand même passée un peu "à côté". Du coup déception, même si globalement j'ai aimé cette lecture. D'autre part, je reste hermétique à toutes les scènes de rêves, clairvoyances. D'une manière générale je n'y suis pas sensible, elles m'ennuient.

Il n'en reste pas moins que je compte bien lire le troisième tome "La mort nomade".

mercredi 17 août 2016

Arthur Upfield - "Un écrivain mord la poussière"


L'inspecteur Napoléon Bonaparte est invité à enquêter sur la mort de l'écrivain et critique Mervyn Black. Très rapidement il soupçonne un meurtre et se retrouve à questionner l'entourage avec plus ou moins de discrétion.

A peine ma lecture entamée, je ne pouvais plus la lâcher. Ce polar se lit facilement, le style est efficace, et rappelle une bonne série policière. Les personnages ont des caractéristiques remarquables, leur comportement est fidèle à leur tempérament. Le décor et l'ambiance sont bien plantés, ce qui nous rendent vraiment témoins de l'enquête menée par l'inspecteur Bonaparte.

Dans ce tome, Arthur Upfield dénonce les inepties du monde littéraire. Certains défendent soi-disant LA littérature en critiquant les romans commerciaux. Il me semble que ce "problème" est toujours d'actualité... Personnellement je trouve que c'est un manque de respect des lecteurs et de la jalousie mal placée. Chacun ses goûts!!!


vendredi 10 juin 2016

Jean-Baptiste Ferrero - "Mourir en août"


Thomas Fiera est un enquêteur privé, quelque peu dépressif suite à un drâme personnel. Il rassemble quelques uns de ses amis "atypiques" pour l'aider dans une affaire de taupe à dénicher, au sein d'une entreprise fabriquant des composés électroniques notamment pour l'armement. A peine ont-ils débuté leur travail que la mort s'invite sur leur chemin! Ce dossier s'avère bien plus compliqué que prévu...

Ah ah ah! Mortel! ^^
L'attrait de ce roman n'est pas vraiment dans l'intrigue : j'ai rapidement deviné ce qu'il en était réellement. Donc l'intérêt n'est pas de deviner qui sont les méchants, mais ailleurs.
Là où il est très fort, c'est dans le ton, la plume de l'auteur. Tout est bourré de métaphores juteuses, fines et souvent rigolottes. Je me suis marrée! Du coup, la lecture est jubilatoire, on passe des bons moments de rires, on referme le livre tout sourire. Pourtant, il y a des meurtres, du sang, de la violence, des détails gerbants, des passages tristes.

Les personnages, cinq principaux, sont bien décrits, avec des caractéristiques tranchées. 
Là où j'ai encore trouvé un point fort, c'est dans les rôles inversés homme/femme. En effet, ce sont les femmes qui apparaissent viriles et les hommes féminins. Elles partent au combat là où ils préfèrent rester planqués derrière leur PC. Cette originalité apporte un peu plus de piquant et de déconnade.

Et puis fait étrange, au commencement j'ai cru que l'auteur relatait l'histoire vraie de l'ex-PDG sulfureux d'une entreprise que je connais personnellement, dont les activités se rapprochent aussi de l'armement (rachetée depuis). Or l'intrigue semble se dérouler dans la même région (en Essonne je dirais). Bizarre, bizarre...

"Mourir en août" est donc un mélange de polar, d'action, d'humour, d'amitié et d'amour. Il existe plusieurs romans mettant en scène Thomas Fiera. Je ne sais pas où se place ce livre chronologiquement. En tout cas, il n'y a aucun rappel sur les autres volumes et rien ne manquait. Peut-être est-ce le premier.

Je remercie chaleureusement les éditions E38 et Livraddict pour ce partenariat qui m'aura fait rire. ^^

mercredi 11 mai 2016

Olivier Norek - "Surtensions"


Victor Coste et son équipe permettent l'arrestation des kidnappeurs d'un jeune juif, mais elle a un goût amère suite à un gros cafouillage aux conséquences dramatiques. Cet évènement affecte particulièrement le capitaine qui se remet alors en question. Mais pas le temps de souffler : un évènement majeur agite toute la justice du 93, impliquant différents criminels sans qu'aucun lien ne les relie.

Ce livre qui fait suite à "Code 93" et "Territoires" est le meilleur des trois de mon point de vue. Et pourtant la barre était déjà très haute! Il est possible de les lire complètement indépendamment, mais franchement, vue ma récente expérience de lecture, j'ai adoré les découvrir chronologiquement et dans la foulée. J'ai eu l'impression que l'intensité allait crescendo intra-roman mais aussi inter-romans.

D'une manière générale, "Surtensions" est un récit réaliste, dur, violent et poignant. J'ai même versé quelques larmes.
A chaque roman on découvre une certaine facette du côté obscur de notre pays. Cette fois-ci les thèmes développés sont le milieu carcéral, les kidnappings, le vol, la mafia corse.
Bien que les crimes soient particulièrement horribles, je trouvais certaines excuses aux criminels. Ou plutôt, peut-être s'agissait-il de pitié? Parce que la vie en prison est franchement inhumaine, je ne pensais pas que c'était à ce point-là. Imaginez un innocent enfermé dans ces conditions... Et parce que chaque criminel laisse derrière lui une famille. Il y a aussi l'injustice qui fait froid dans le dos.
Plusieurs histoires parallèles s'imbriquent les unes aux autres au fur et à mesure ce qui rend l'intrigue très riche. Et le lecteur n'est pas perdu, je n'ai jamais lâché le fil.

L'équipe de Victor Coste apparaît de plus en plus comme une famille soudée. J'ai adoré cette vision. Avec le comportement de leur nouveau supérieur hiérarchique, Ventura, on se rend compte que leurs méthodes sont "douces". Ils restent professionnels même face à des tueurs, savent gérer leurs émotions, mais parfois leurs sentiments humains prennent le dessus, à la limite de ce qu'ils peuvent endurer.

Je ne sais pas si une suite est prévue. "Surtensions" est tellement fort, que j'ai peur d'être déçue. :op En même temps, je me suis attachée aux personnages et j'ai du mal à les lâcher. Pour preuve, deuxième fois que je termine un roman d'Olivier Norek au milieu de la nuit!

Je remercie chaleureusement les éditions Michel Lafon et Livraddict pour ce partenariat qui m'aura fait découvrir un auteur de polars talentueux. Merci!

samedi 30 avril 2016

Olivier Norek - "Territoires"



Victor Coste est embarqué dans une nouvelle enquête au cœur du 93. Cette fois-ci, il s'agit de meurtres sur fond de vente de drogues à Malceny. Son équipe se retrouve à devoir coopérer avec les stups. Il leur faudra quelques coïncidences et du flair pour démêler tout ça.

Ah mais... j'adore!!! Ce second tome est encore meilleur que le premier. Sûrement parce que le sujet m'a davantage captivée. J'habite dans une ville dite "sensible", encore qu'à mon avis bien tranquille par rapport à d'autres, aussi certains détails ne me sont pas étrangers.

On retrouve toute l'équipe de "Code 93", ainsi que Jevrec, la "peste", qui tient bien son rôle. De nouveau beaucoup de détails sur le fonctionnement de la police et du système judiciaire, avec cette fois-ci les ficelles politiques. Et puis l'auteur nous présente le versant des caïds de la drogue. J'ai appris pas mal de choses.
Une chose me "dérange" en lisant ces polars : l'histoire est tellement réaliste que je ne réussis pas à établir la limite entre réalité et fiction. Les politiques fonctionnent-ils vraiment ainsi? La raison évoquée pour la non-dépénalisation est-elle vraie?

L'identité du meneur n'est révélée qu'aux derniers chapitres et j'avoue avoir été bluffée. Je ne l'attendais pas!
J'ai cru la fin du roman un peu trop rapide, simpliste et à ma surprise, non. Revirement de situation. Et puis les "morales" sont bien vues (à mon goût en tout cas, même si tout n'est pas rose). 

Maintenant j'entame "Surtensions" le dernier volet. ^^

vendredi 22 avril 2016

Olivier Norek - "Code 93"



Victor Coste travaille à la police judiciaire dans le 93, une banlieue malfamée qui fait beaucoup parler d'elle. Il se retrouve dans une affaire inhabituelle dont s'emparent rapidement les médias : un mort qui se réveille, un cas d'autocombustion et des lettres anonymes qui sèment des indices.

Je ne connaissais pas Olivier Norek. Un partenariat proposé par Livraddict et Michel Lafon pour le troisième opus "Surtensions" m'ont poussée à lire les deux romans précédents. Quelle découverte! Je suis fan!!! 

La richesse de ce policier sont les détails réels fournis par Olivier Norek, lieutenant de police dans le 93, justement. Et puis qui vit en région parisienne, connaît la réputation du "neuf trois". Un mot sur le grand projet d'actualité m'a plongée d'autant plus dans le réalisme effrayant de ce roman.

Avec ce polar, le lecteur côtoie les bas-fonds de la société : sexe, drogue, alcool, prostitution. Les membres de la police semblent blasés face à l'horreur du quotidien dans ces cités. L'impuissance face à cette réalité est révoltante. 
Les personnages sont bien dépeints, un peu caricaturaux peut-être.

"Code 93" se lit très vite. J'ai préféré la première moitié lorsque le mystère perdure, qu'on découvre les liens entre les différentes affaires.

Vraiment hâte de lire "Territoires" dont la couverture annonce la couleur.