mercredi 2 mars 2016

Raphaël Albert, Jeanne-A Debats, Raphaël Granier de Cassagnac, Johan Heliot, Nicolas Fructus - "Un an dans les airs"



Voyage extraordinaire dans la cité volante, Un an dans les airs, d'après l’œuvre de Jules Verne

Cet album retrace l'aventure vécue par Nadar, Julie Servadac, Philippe Daryl et Jules Verne, à bord de Célesterre, une cité volante. On y retrouve notamment de brillants savants, une population vivant en harmonie et autosuffisance, à la recherche d'un idéal de paix, vivant cachés du reste du Monde. 

Chaque auteur incarne un personnage qui rapporte sa vie quotidienne par le biais d'un journal de bord, comme tout habitant de Célesterre se doit d'en tenir un. On découvre un monde scientifique, artistique, politique, ainsi que des pensées philosophiques et religieuses. Finalement, le personnage principal est Célesterre, vu de quatre regards différents.

C'est la première fois que je lis un ouvrage de ce genre et j'ai été surprise par la densité du contenu! Il ne fait aucun doute qu'il ait demandé de grosses recherches documentaires. Quel boulot! Et quel résultat!!! Merveilleux! 
Je me suis baladée avec délectation au sein de cette ville aérienne, composée de ballons, ponts, câbles et même d'engins modernes en avance sur leur temps. La fée électricité est au cœur de son fonctionnement, comme j'en avais fait également le constat dans Vingt-mille lieues sous les mers.
Bien sûr les références aux romans de Jules Verne et à ses personnages sont partout. Comme je les ai lus il y a bien longtemps (à part celui du sous-marin), elles ne me disaient pas grand chose. Mais cela ne m'a pas gênée. Au contraire, elles me poussent à (re)découvrir ses écrits. Seulement la quantité m'effraie...

Les illustrations de Nicolas Fructus sont magnifiques et ont participé directement à mon sentiment d'accompagner les aventuriers à travers ce voyage extraordinaire. Ses dessins sont riches en détails. J'aurais aimé marcher réellement sur ces passerelles de bois, toucher aux parois, me plonger dans les livres de la bibliothèque, admirer les papillons de Lady Madelina Corgay.
Et puis les photographies apportent une autre dimension au récit, comme s'il s'agissait de faits historiques.

A noter que la mise en page est très soignée. Il est facile de suivre les étapes du chemin suivi par Célesterre. Un signet permet même de marquer sa page!

Je recommande cet album pour vous-même, mais aussi comme cadeau à offrir. Ce qui est mon cas. "Un an dans les airs" est une vraie pépite phénomène culte. ;o)


dimanche 21 février 2016

Corinne Wargnier - "C'est ainsi que la vie s'est arrêtée"


A Aticamparo, des voyageurs arrivent de temps en temps en car à la recherche de tranquillité dans une pension tenue par Tessa, aidée de son fils simplet. La journée est tellement chaude que les rues sont effectivement désertes. Chaque personne amène avec elle son passé et son lot de sentiments.

Tout d'abord, je tiens à remercier Livraddict et les éditions Sur Le Fil pour ce partenariat.

J'ai aimé ce livre en tant qu'objet par son format, la douceur de la couverture et des pages, la petite photo et le bandeau "intégré" qui présente le thème du roman. Mais pourquoi ne pas avoir opté pour une photo de Corinne Wargnier puisque l'auteure est photographe avant tout? Et son "œil" est vraiment doué!
Il s'agit d'un roman où tout est centré sur les émotions, les ressentis des personnages. Ils s'analysent au travers de leur comportement, des paroles échangés, de détails qu'ils découvrent sur les autres. Finalement, chacun est épié sans forcément s'en rendre compte.
Donc si vous recherchez un livre avec de l'action, passez votre chemin!

Pour être honnête, j'avoue ne pas avoir accroché au style de l'auteure. Ses phrases sont trop alambiquées à en devenir incompréhensibles, au point où je me suis sentie inintelligente. Peut-être était-ce trop spirituel, trop dans la subtilité pour mon cerveau. Comme tout tourne autour des sentiments, des passages tirent en longueurs avec des redondances.
Pourtant l'idée de fond est bien trouvée et le manque d'action ne m'a pas gênée. J'ai apprécié l'ambiance générale qui est bien plantée. Une ambiance de huis clos dont je suis friande dans les films. Or on le retrouve parfaitement dans ce livre.
Ce sont les Wright qui m'ont le plus attendrie, même si j'avais deviné ce que contenait le sac en plastique. Leur comportement m'a rappelé mes grands-parents : beaucoup d'amour, une connaissance parfaite de son conjoint, mais des remarques un peu cassantes qui font partie de leur quotidien et prêtes à sourire.
Tous les personnages sont crédibles, bien décrits, peut-être Gab un peu moins : ses pensées à la première personne me paraissent en décalage avec son comportement quotidien, elles sont trop sensées.

Je pense que ce livre devrait être lu en plein été pour se plonger encore plus dans l'ambiance générale. ;o)

vendredi 19 février 2016

Suzanne Collins - "Hunger Games : La Révolte"



Katniss se retrouve au District Treize avec Gale, sa mère et sa sœur, tandis que son coéquipier Peeta est emprisonné au Capitole. La Rébellion s'organise plus que jamais pour faire tomber le Président Snow, entre coups médiatiques et coups militaires. Qui sera le vainqueur?

Dans ce dernier tome, les évènements se déroulent en dehors de l'arène des Hunger Games. Les rescapés guérissent et apprennent à se reconstruire.
Très vite, on se rend compte que Katniss quitte une prison pour une autre où elle a à peine plus de libertés, contrairement à ce qu'on pouvait s'attendre. La politique prend beaucoup plus de place. Son cerveau est mis à rudes épreuves entre ses deux prétendants, sa volonté bridée, et savoir reconnaître les personnes en qui elle peut avoir confiance.
J'ai trouvé que ce volume est le plus obscur, le plus dur. Mais aussi le plus mûr. Et puis j'ai apprécié que l'auteure ne tombe pas dans le "tout beau, tout rose".

Il ne me reste plus qu'à découvrir "La Révolte" en DVD.

mercredi 17 février 2016

Eugène Zamiatine - "Nous autres"

 

D-503 est le constructeur de l'Intégral, un engin destiné à voyager dans l'espace pour découvrir d'autres planètes peuplées. Il rédige des notes qu'il nomme "Nous autres", destinées à ces inconnus, où il raconte la vie de son monde, l'Etat Unique, dirigé par le Bienfaiteur. Le quotidien de ce féru de mathématiques va changer lorsqu'il croisera le chemin d'I-330 et commencera à se poser des questions de moins en moins anodines.

Ce roman a été écrit en 1920 par l'écrivain russe Eugène Zamiatine. Il a fortement inspiré 1984 de George Orwell que j'ai lu il y a quelques mois et effectivement, on y retrouve la même ambiance et d'autres points de similitude. Il s'agit de SF, d'une dystopie.

La population est constamment surveillée, la ville entière est faite en verre empêchant toute intimité, les gens n'ont aucune liberté soi-disant pour leur bonheur découlant de l'abolition des désirs, leur quotidien est chronométré, chaque mouvement est calculé. Tout le monde suit le mouvement sans broncher ou presque... Il existe un bureau où l'on peut dénoncer les écarts de conduite de ses voisins.

D-503 commence à réfléchir en même temps qu'il écrit ses notes. Au départ ses pensées sont anodines, mais au fur et à mesure elles deviennent de plus en plus déviantes. Cet état le met mal à l'aise, le fait culpabiliser, tellement les "lois" de l'Etat Unique sont ancrés en lui. Puis il devine qu'il existe un groupe de dissidents empirant la confusion de son esprit. 

L'originalité du récit est grande avec l'introduction des idées mathématiques ou les descriptions des personnages, comme le X dessiné par les traits du visage d'I-330. Par contre bizarrement, je les ai tous imaginés moches.

Certaines phrases ne sont pas terminées, ce qui a eu le don de m'agacer un peu. Je n'en ai pas compris le but. D'autre part des passages m'ont paru tirer un peu en longueur. 
Mais je garde un sentiment général plutôt positif, je me suis intéressée aux réflexions tortueuses de D-503. J'ai apprécié la présentation de ce monde à la première personne sous forme de notes.

Après la lecture de "Nous autres", je ne m'explique pas pourquoi "1984" a eu plus de succès. La présence d'interphones ferait-elle la différence? ;o)


mercredi 10 février 2016

Jean-Marc Ligny - "AQUA TM"

En 2030, la Terre est dévastée par les intempéries découlant de la pollution humaine. Alors que l'Europe connaît le déluge, l'Afrique meurt sous la sécheresse. Un satellite américain découvre au Burkina-Faso l'existence d'une nappe phréatique qui pourrait sauver le pays. Seulement, le PDG qui contrôle ces données ne l'entend pas de cette oreille : l'eau peut rapporter beaucoup d'argent...

Ce roman de SF compte plus de 700 pages, mais sincèrement on ne les voit pas passer. Dès le premier chapitre je me suis dit "Attention coup-de-coeur!". Et ce sentiment est resté jusqu'au bout.
Tout est rythmé, fluide, accrocheur et... très réaliste, donc dérangeant. Cette histoire ne remonte pas le moral alors qu'on parle de plus en plus de la pollution, du réchauffement de la planète, de l'augmentation du nombre de cancers, etc. Et puis on retrouve l'idée que l'argent est plus puissant que la sauvegarde de la vie, ce qui me met personnellement en colère, mais bon les choses ne tournent pas si mal. 

On découvre les personnages chacun de leur côté, pour les retrouver imbriquer dans les mêmes évènements. Jean-Marc Ligny les dépeint très bien, ce qui permet de les cerner au mieux. Certains sont attachants, tandis que d'autres sont détestables.
Rudy et Laurie nous font voyager en camion de Hollande au Burkina-Faso, dans une aventure semée d'embûches, où les gens n'ont aucun scrupules. J'ai quand même eu du mal à croire qu'un horticulteur puisse devenir aussi facilement guerrier.
Étrangement, l'intrigue offre une part de fantastique qui dénote un peu au milieu du contexte catastrophique plutôt réaliste. Je ne sais pas si le roman aurait été meilleur sans cette touche... Au départ, cette tournure m'a un peu dérangée et puis je m'y suis faite.

J'ai appris quelques trucs réels, des points qui m'ont interpellée et poussée à faire des recherches sur le net. ;o)

Ce roman se lit comme on regarde un bon film!


samedi 23 janvier 2016

Franck Pavloff - "Matin brun"



Deux amis aiment discuter de tout et de rien, comme tout le monde. Ils parlent entre autre de l'actualité. Or dernièrement, le gouvernement a décidé que tous les chiens devaient être bruns. Ce n'est que le commencement...

"Matin brun" est une nouvelle d'une dizaine de pages dont le message central est très fort. Pour moi, il montre que nous ne sommes que des moutons face à l'Etat qui décide de tout. Jusqu'où peut-on continuer à accepter les réformes sans se rebeller?
Le récit est simple et se lit très vite. Il est à la portée de tous et peut amener à de bonnes discussions.

vendredi 22 janvier 2016

Pascal Bléval - "Le Chant de l'Arbre-Mère"


Les passagers du Markus ont débarqué sur Altar pour une mission. Les premiers colons ont mystérieusement disparu après avoir envoyé à l'Empire un message signalant la présence de vie non identifiée. Le commandant doit les retrouver et les sauver s'ils sont vivants et en danger. De même, la biologie d'Altar doit être analysée. 

Je remercie Pascal Bléval et Livraddict pour ce second partenariat. En effet, j'aime le style de cet auteur ainsi que son imagination.

Le roman "Le Chant de l'Arbre-Mère" m'a plu mais ne m'a pas transportée. J'ai passé un moment agréable de lecture, me suis laissée porter par l'intrigue dont l'idée est bonne.
Ce qui m'a gênée c'est le passage qui traite des relations amoureuses entre les différents protagonistes. Il versait trop dans le "je t'aime moi non plus". Et Vince m'a donné l'impression de vouloir sauter sur toutes les femmes. ;o)
D'ailleurs Vince m'a paru être un personnage incohérent : au début il m'a semblé discret, obéissant, puis ses sentiments belliqueux ont explosé d'un coup, trop dans l'autre extrême. Sans parler du fait qu'il ait vu en Hank Turner un mentor au bout de seulement 2 jours!

En revanche, les idées technologiques m'ont captivée : la communication se réalise directement de cerveau à cerveau(x) même la transmission des données, un IA qui dirige le vaisseau Markus, des robots dédiés à différentes tâches, un planétoïde artificiel qui m'a rappelé Star Wars, etc. L'IA est particulièrement bien pensée grâce à son "esprit" qui suit de curieux changements. Et là je n'en dis pas plus, à vous de le découvrir. ;o)

La découverte des autochtones est progressive ce qui pousse le lecteur à s'interroger en même temps que les passagers du Markus.
L'histoire est loin d'être toute rose et là pour le coup, elle est crédible. J'ai trouvé que le bien et le mal s'entremêlaient. En vrai il est difficile de prendre partie pour l'un des deux camps... 

Et puis, jolie couverture signée Cyrille Théry!



Site de l'auteur : ICI.
Sa page facebook : ICI.

mercredi 20 janvier 2016

Mike Resnick - "Kirinyaga"


Dans les années 2120, Koriba se bat pour créer et défendre une utopie sur un planétoïde, Kirinyaga, ressemblant à la terre africaine de ses ancêtres kikuyus. Il devient le sorcier du peuple qui l'accompagne, c'est-à-dire le gardien des lois et de sa mémoire. Mais conserver un mode de vie archaïque est-ce durable dans le temps?

Ce livre a eu beaucoup d'éloges lors d'une réunion du club des Mauvais Genres de ma médiathèque qui avait pour thématique l'éthno-fiction . Aussi, j'ai tenu à le lire et je ne le regrette pas!

Ce roman est en fait un regroupement de nouvelles mais qui se suivent de manière chronologique et cohérente. On retrouve les us et coutumes des anciens kényans.
Le côté SF se remarque surtout dans le prologue et l'épilogue qui se déroulent sur Terre : les animaux typiques des savanes ont disparu, les petits villages ont été remplacés par des grandes villes de type européen, la technologie est omniprésente. Tous ces points sont absents sur Kirinyaga où le dépaysement est total, avec une Afrique telle qu'on se la figure actuellement.

Le récit rappelle le "style biblique" puisque le sorcier utilise constamment des paraboles pour expliquer ses décisions ou pour faire réfléchir ses concitoyens ou tout simplement pour raconter l'histoire de leurs ancêtres aux enfants. C'est atypique et j'ai aimé!

Là où j'ai été gênée c'est lorsque des coutumes allaient à l'encontre de mes valeurs. Or, elles sont présentées du point de vue de Koriba, le "héro", comme si elles étaient normales et défendables. Pour le coup, je me suis retrouvée dans la peau d'une "méchante européenne" ennemie de la culture des kikuyus. Les coutumes concernées sont l'excision, la mort des nouveaux-nés souffrant d'un handicap, la polygamie, etc.

De façon générale on est emporté dans ce combat mené par Koriba pour défendre coûte que coûte cette utopie. Les coutumes vont parfois à l'encontre du bien-être de certains et pourtant il ne lâche rien. J'ai été touchée lorsqu'il perdait du pouvoir ou se sentait trahi.

Cet œuvre a reçu de très nombreux prix reflétant sa qualité.

mercredi 13 janvier 2016

Anonyme - "Le Livre sans nom"




Dans la ville de Santa Mondega a lieu la fête de la Lune. Tous les cinq ans se produit une éclipse totale qui attire les personnes les plus sombres. Tous les habitants se souviennent de la dernière lorsque le Bourbon Kid débarqua et assassina un grand nombre des leurs. Or, de nouveau, des moines d'Hubal font leur apparition quelques jours avant le début des festivités, rappelant ces funestes souvenirs...

Il était temps que je lise ce livre depuis le temps qu'il prenait la poussière sur mon étagère! Merci à ma binôme Mortuum de me l'avoir choisi pour le challenge Livra'2

Cette histoire est complètement jouissive!!! Le rythme est soutenu et ne faiblit pas. On entre dans le vif du sujet dès la première page. C'est un mélange de western et d'horreur, avec une touche de fantastique.
Les points de vue se succèdent chapitre après chapitre, ce qui offre souvent une vision des scènes différente, avec une question finale qui reste en suspens résolue par le personnage suivant et j'ai adoré ça! Parfois l'intrigue prend des tournants imprévus. Le cheminement de la Cadillac jaune est jubilatoire! On ne s'attend par à cet enchaînement autour d'un objet. Mine de rien, on remonte la chronologie des conducteurs.
Les coïncidences, les opportunités saisies par certains, le caractère et la façon de penser des autres (je pense en particulier aux moines), rendent le récit hilarant. Et l'auteur fait référence à pas mal de clichés de films célèbres qui pimentent le tout.

Je commence très bien l'année avec ce roman coup-de-cœur. ^^

dimanche 3 janvier 2016

Léandro Avalos Blacha - "Berazachussetts"


Dans la ville de Berazachussetts en Argentine, la zombie Trash est recueillie dans l'appartement de quatre amies veuves. Commence alors un enchaînement d'évènements qui va mettre fin à leur petite vie tranquille. 

"Berazachussetts" est un roman absolument déjanté, complètement barré. Pourtant l'histoire est loin d'être absurde. Je la comparerais à un arbre : un évènement de départ qui donne naissance à des intrigues annexes divergentes restant liées.
L'auteur nous décrit le côté très noir de l'Argentine (viols, drogue, meurtres, etc.), les nantis qui se moquent et se servent des pauvres, la décadence sans limites. Le pire, c'est qu'en postface on comprend que cette fiction est basée sur des faits réels!
Le style de Léandro Avalos Blacha est percutant. Il va à l'essentiel, les visions sont crues, les dialogues sont peu nombreux. J'ai accroché. L'horreur des scènes sanglantes est contrebalancée avec un humour grinçant qui apparaît décalé dans ces circonstances.
Surprenant! Par contre, je pense que ce roman est du genre à être adoré ou détesté.